Histoire d’une approche

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Note du site : Cette analyse est celle des modernistes mais elle n’en demeure pas moins intéressante car la trahison de Mgr Fellay n’en est que plus flagrante .

A première vue, le pape François et la FSSPX sont étrangers.  La FSSPX représente un catholicisme traditionaliste, qui célèbre la Messe tridentine et qui reste hostile à quelques-unes des réalisations du Concile Vatican II comme l’œcuménisme ou la liberté religieuse.  Par contre, Jorge Bergoglio passe pour un réformateur libéral.  De nombreux observateurs ont été surpris de l’orientation donnée par François en matière de rapprochement entre le Vatican et la FSSPX fondée à la suite du Concile par Mgr Lefebvre (190(-1991) et excommuniée en 1988 suite à des sacres non autorisés.  Le prédécesseur de Bergoglio, Benoît XVI, avait cherché la réconciliation avec la FSSPX.  Le scandale entourant les déclarations de l’évêques lefebvriste Richard Williamson sur la shoah et la démission de Benoît XVI en février 2013 ont ralenti le processus de rapprochement.  Depuis ce moment, la voie vers une reconnaissance canonique de la FSSPX semble aplanie. 

 G & W : Pourquoi une réunion de la FSSPX à l’Eglise catholique est-elle si importante ?

 Pozzo : L’Eglise souffre de tout manque d’unité.  La FSSPX se compose d’environ 600 prêtres, 200 séminaristes et d’autres membres, et elle est présente dans 70 pays.  Vous ne pouvez passer outre d’une telle réalité.

G & W : Il y  a eu récemment une accélération des relations.  Pourquoi ?

 Pozzo : Je ne parlerais pas d’une accélération, mais d’un patient processus de rapprochement.  Le Vatican ne pose pas d’ultimatum, mais nous avions prévu conjointement des mesures pour parvenir à la pleine réconciliation.  Etant donné que des étapes ont été établies, il est plus facile de progresser.  Il ne s’agit plus que de clarifier certaines questions doctrinales et canoniques.  Il est très important de promouvoir un climat de connaissance et de compréhension mutuelles.  A cet égard, beaucoup de progrès ont été réalisés.

G & W : Qu’est-ce qui a changé dans l’attitude du Vatican depuis le début du pontificat ?

 Pozzo : On a introduit de nouvelles considérations.  De 2009 à 2012, on s’est attaché avant tout à des questions théologiques.  Des difficultés doctrinales entravaient la reconnaissance canonique de la Fraternité.  Cependant, nous savons que la vie est plus importante que la doctrine.  Au cours des discussions théologiques de ces trois dernières années, on a pris connaissance de ce qu’était vraiment la Fraternité.

G & W : Comment cela s’est-il produit ?

 Pozzo : Si vous voulez, les discussions avaient auparavant lieu dans une salle de conférence, maintenant dans une ambiance fraternelle et conviviale, même si l’objet de la discussion est le même.  Au nom du Vatican, un cardinal et quatre évêques ont rendu visite aux séminaires et maisons de la Fraternité pour en avoir une image réelle.  Cela ne s’était pas produit auparavant, mais ces visites ont contribué au rapprochement.

G & W : La Fraternité avait aussi depuis longtemps des membres extrémistes dans ses rangs, entre autres Mgr Richard Williamson qui a nié l’holocauste.  Cela a-t-il été un frein aux négociations ?

 Pozzo : Mgr Richard Williamson et d’autres éléments extrémistes et anti-romains ont été exclus ou se sont séparés d’elle, ce qui a été très favorable au rapprochement.

G & W : Quelles directives le pape François vous a-t-il donné pour mener ces négociations ?

 Pozzo : Quand le pape m’a à nouveau nommé en août 2013 comme secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, il m’a invité à reprendre le dialogue avec patience, détermination et sans aucune hâte.  Il a particulièrement insisté sur le maintien de relations personnelles afin de créer un climat de confiance.

G & W : Bergoglio connaissait la Fraternité en Argentine.  Quelle en a été l’incidence sur les négociations ?

 Pozzo : C’est assurément un élément important.  Quand il était encore archevêque de Buenos Aires, François a eu des contacts avec la Fraternité.  Il s’est rendu compte à quel point ils sont engagés dans l’évangélisation et les œuvres caritatives.  La Fraternité n’accorde pas seulement, comme il est dit souvent, une valeur à la liturgie, mais elle a aussi de la « substance ».

G & W : François accorde toujours de l’importance à l’aspect pastoral.  Est-ce en cela que réside la clé d’une entente avec la FSSPX ?

 Pozzo : La théologie pastorale et dogmatique sont inséparables.  Le style et la volonté concrète de François sont non seulement de penser à l’unité des personnes, mais aussi à la pratiquer.  Bien sûr, certains gestes sont importants.  Il a permis aux prêtres de la FSSPX d’entendre les confessions, il a reçu le Supérieur Général en audience privée. On ne peut envisager le rapprochement sans tenir compte ni de la levée des excommunications prononcée par Benoît XVI en 2009, ni de la reprise des pourparlers.

G & W : Pourquoi donne-t-on à la FSSPX la perspective d’une prélature personnelle ?

 Pozzo : Cela semble être la forme canonique la plus appropriée.  Mgr Fellay a accepté cette proposition, même si dans les prochains mois, il reste à préciser certains détails.  Seule l’Opus Dei possède cette structure, ce qui est une preuve qui doit mettre la FSSPX en confiance.  Il est clair que la solution relative à la structure canonique suppose au préalable que les questions doctrinales soient résolues.

 

 

 

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